Diptyque au féminin

Depuis quelques années, sans nous en apercevoir, notre travail de création s’est structuré autour de la parole des femmes. En effet, en faisant le bilan de nos dernières années d’écriture et de mise en scène, nous avons constaté que nos trois plus récents textes s’inspiraient du vécu réel de femmes de notre entourage, mettaient en scène des personnages féminins complexes et s’intéressaient tous trois à des aspects plus tabous de la maternité, dont entre autres la détresse psychologique, la dépression, le suicide, le viol et la rupture mère-fille. Deux de ces textes se répondent particulièrement, mettant en scène dans les deux cas des femmes en grande souffrance émotive – l’une dépressive dans La fête à Sophie de Serge Mandeville, l’autre bipolaire dans L’ordinaire, de Véronique Grenier –, jonglant à la fois avec leur vie propre et leur rôle de mère. Notre troisième texte, Pétrifiée, de Véronick Raymond se distingue en traitant surtout de la perte et l’absence, dans le rapport à la maternité, racontant en parallèle la vie de deux jeunes femmes, l’une violée et assassinée et l’autre, lui survivant et jonglant constamment avec le désir de mourir et le désir de devenir mère.

Notre projet est donc de réunir les deux premiers textes, La fête à Sophie (texte et mise en scène de Serge Mandeville) et L’ordinaire (texte de Véronique Grenier, mise en scène de Véronick Raymond) pour en faire le Diptyque au féminin : deux oeuvres qui se regardent et se répondent. Dans La fête à Sophie, bien que le personnage de la mère dépressive occupe une grande partie de l’histoire, c’est la perspective de sa fille adolescente surdouée, Sophie, qui est centrale au récit. Dans L’ordinaire, c’est plutôt la perspective de la femme et de la mère qui est mise de l’avant. Ces deux paroles se confrontent et se répondent, d’une œuvre à l’autre. En les réunissant, nous offrons au public une perspective plus nuancée, qui multiplie les points de vue. Nous prenons le parti de l’humain dans toute sa complexité.

Conformément à notre méthode de travail, la création de la version jouée passera par une étape laboratoire devant public, dans notre quartier, à la Maison de la culture de Maisonneuve, ce qui nous permettra de recevoir de la rétroaction de notre communauté, particulièrement de femmes ayant des vécus similaires à nos personnages (comme nous l’avons fait pour la création des textes).  C’est dans la salle Le cube, un espace de diffusion moderne intime, que sera présenté notre Diptyque au féminin en décembre 2017 : 

  • Vendredi 7 décembre 2017,
    11h  La fête à Sophie, représentation privée de médiation culturelle,
    14h L’ordinaire, représentation privée de médiation culturelle
  • Samedi 8 décembre 2017, 19h Diptyque au féminin : La fête à Sophie et L’ordinaire
  • Dimanche 9 décembre 2017, 14h Diptyque au féminin : La fête à Sophie et L’ordinaire

Les billets seront bientôt en vente, revenez-nous voir pour plus de détails!